Ceci est un jeu de mots.

dimanche, février 03, 2008

Nouvelle romantico-cynique

Et pas nécessairement définitive.

C'est l'hiver, en février: il fait froid. Il enlève son cache-cou, sa tuque, déboutonne son manteau. Tâchant de ne pas penser à une autre journée, mortelle comme la dernière, comme la prochaine, il lit son journal. Dix-neuf morts dans l'attentat du jour dans un pays qui finit en "i"; le président s'obstine malgré l'opinion du peuple qu'il représente, absusant comme d'habitude du fait qu'il était le moindre mal au moment de l'élection.

Rien de neuf. Trois stations, quatre, le métro file et les gens défilent. Sept, huit, tout le monde sort, ou presque. Ce foutu métro décide de rester planté là, portes ouverte. Juste pour le faire chier.

Une vieille entre en vitesse, comme si sa vie en dépendait, puis se rue sur le premier banc qu'elle voit, mue par l'habitude des métros bondés, plein de gens qui veulent la mort de ses pauvres petites jambes atrophiées par une vie salement trop longue pour ce que la nature avait en tête.

Foutu métro.

Une fille entre, tranquillement. Elle porte un vieux manteau bleu pâle, pas du tout tendance et défraîchi. Un espèce de chandail de laine, tout aussi branché et bleu dépasse en bas. Elle reste debout, se retourne vert la porte. Pas laide. Il regarde ailleurs. Pas laide du tout. Il tourne la tête, pour la regarder en passant... Yeux bleus, elle le regardait mais s'est détournée aussitôt prise.

Encore. Puis encore une fois, pas de regards détournés, des sourires cette fois. Il lui plaît. Elle semble heureuse, surprise et intriguée par ce mec intéressé qui ose soutenir son regard.

Elle ne sait pas quoi faire, quoi dire, si oui ou non. L'amour de sa vie? Caller malade et baiser une journée? Un ami? Il est pris? Et son chum à elle? Elle l'aime, elle est tannée, envie de changer d'air, une aventure? Devrait-elle le laisser?

Il regarde ailleurs, elle aussi.

L'embrasser, tout simplement? Ses yeux l'obsèdent. Le coup de foudre, lui? Méga attirance seulement par envie de changer d'air? Ça vaudrait la peine? Il se sent amoureux, pourquoi? Laisser sa blonde? Lui demander d'aller prendre un café, en faire une amie, puis voir après? Une maîtresse, peut-être, ça serait pas la première fois que le monde aurait vu ça.

Douze, c'est là. Il se lève, ils se sourient, s'apprêtent à ne plus se revoir. Il sort. Elle aussi? Ils montent les marches, regard de côté par-ci par là.

Il se dirige vers l'arrêt de bus. Est-ce qu'elle est derrière lui? Il est à l'arrêt, elle est train de traverser, regard de côté. Triste. Ils entrent dans leur autobus, chacun leur côté.

Une autre journée mortelle. Autant qu'hier, et que demain.

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