Ceci est un jeu de mots.

jeudi, mai 22, 2008

J'ai rien qu'une phrase à dire!

Cet enculé me lance un défi, bien qu’il ne le lance pas à haute voix, ce qui, vous serez tout à fait d’accords avec moi, n’aurait pas eu bien autant de charme; qualité Ô combien valable auprès des dames, mais tout autant, malgré que de manière bien différente, auprès des hommes de par sa parenté avec le charisme; ce qui en ferait une personne charismatique, chose qui en implique beaucoup d’autres [des choses!] mais surtout, en tout cas à beaucoup plus court terme, de prononcer « ch » comme un « k », malgré, alors, la ressemblance apparente de parenté avec le mot carie, carie étant toujours source de malheur, douleur, et bien d’autres choses finissant en « eur » pour résumer, question de ne pas rimer inutilement, dont la principale serait une opération aux apparences simplistes mais au coût tout à fait exorbitant, comme si nos yeux étaient de vulgaires satellites gravitant autour des images qu’ils voient et devaient, subséquemment au coût du dit plombage, revenir se placer dans les plus modestes, et beaucoup plus ordinaires – termes qui, soit dit en passant, a pour moi une connotation bien négative : celle de n’avoir que très peu, ou pas beaucoup de points de repères, d’ancrage, si vous voulez bien, afin de se définir comme individu, chose très importante lorsqu’il est question de préserver sa santé mentale au sein d’une société aux pressions sociales interminables, et aux attentes, ma foi, parfois délirantes envers le commun des mortels comme vous et moi – orbites de notre crâne, endroit où, généralement se trouvent les yeux qui ne sont pas en orbite autour de la terre, planète indéniablement ronde, comme l’affirmèrent tant de scientifiques maintenant éparpillés, pour ne pas dire écartelés par une institution que, vous m’en saurez gré, je ne tiens pas au chaud dans mon cœur, j’ai nommé l’Église, avec un grand E accent aigu majuscule pour bien démontrer qu’il s’agit d’une absurdité aux caractères tellement uniques qu’il lui faut un nom propre, chose bien ironique étant donné qu’elle [l’institution nommée ci-haut « Église »] a bien dû se salir les mains, ne serait-ce qu’un peu, en faisant le ménage par après, en écartelant ces pauvres gens à la bonne foi, la bonne foi jugée, à tort et à travers, mal placée par cette sus-nommée Église de merde, et je dit Église de merde parce que je ne l’aime pas, et non parce qu’elle vénérerait un dieu aux valeurs scatophiles, soyez-en tout de suite rassurés, qui [la bonne foi] se définissait plutôt par le désir de progrès et de découverte qui les animait envers et contre tous, du moins contre l’Église, à faire avancer la race humaine vers la connaissance, chose qui, malgré son apparente intangibilité, propriété de ne pas avoir de propriétés tactiles et donc de ne pouvoir être directement vue ni touchée, n’est pas dépourvue de valeurs et, au contraire, vaut, du moins selon plusieurs hommes et femmes dont la vie fut dédiée à l’acquisition de telles choses –vous me saurez gré de ne pas me reprocher d’utiliser le termes « choses » pour désigner en fait un concept – plus que son pesant d’or, métal rare qui, contrairement aux croyances de bien des ignares, malgré que ce ne soit pas le contraire proprement dit, mais que bien simplement leurs croyances soient fausses et la vérité toute autre – on peut ici noter la dualité bien fondée de l’expression « toute autre », désignant la vérité comme n’étant pas fausse, mais aussi bien comme étant autre chose que la dite croyance (fausse, vous l’aurez compris) de ces ignares; il serait aussi à noter que la vérité mentionnée ici est un terme dont la définition reste à débattre, comme l’ont si longuement démontré nombre de philosophes tels Descartes, Aristote, Démocrite et toutes les bandes de sceptiques, de rhétoriques et autres joyeux, ou tristes, c’est selon, ni l’un ni l’autre, d’ailleurs, dans le cas des sceptiques, penseurs, pour ne nommer qu’eux (les philosophes) ou elles (les écoles de pensée), en adoptant différents discours afin de prouver, par exemple, qu’il était impossible de dire d’une chose qu’elle était vraie avec une absolue certitude ou bien qu’une chose pouvait être déclarée vraie suivant certaines règles, ce qui me fait d’ailleurs penser que les gens de l’école rhétorique avaient aussi leurs règles à suivre, mais ces règles aboutissaient inévitablement dans un cul-de-sac et il était alors impossible d’en arriver à la conclusion que, selon ces dites règles – ce labyrinthe, si vous préférez – une affirmation était, sans nul doute, vraie, comme le serait probablement celle qui stipulerait que je m’éloigne ici du vif du sujet, soit l’or, or donc je continue – la valeur de ce métal (l’or, pour ceux qui ne sont pas capables de suivre le cours d’une phrase au demeurant si simple, et amenons-nous d’ailleurs, pendant que nous y sommes, à penser ici à l’importance d’une formation adéquate en français, sans laquelle il serait bien facile de se perdre entre les compléments directs, les compléments indirects, les sujets, les verbes, et autres groupes de mots plus rares qui constituent invariablement une phrase, dont la longueur et la complexité, par contre et au grand dam de certains, j’en suis convaincu, peut varier énormément) n’est pas due à sa beauté, discutablement semblable à celle de tous les métaux, dépendamment, évidemment, des préférences au niveau de la couleur, mais chacun ses goûts, dirons-nous, mais plutôt à sa rareté, attribut qui, avouons-le, détermine la valeur de bien des choses en ce bas monde mais ne justifie en rien, pensez-y un peu, que l’on veuille que nos bijoux en soient fait, plutôt qu’en aluminium, en bronze ou en cuivre, ou alors en stainless steel, métaux qui ont tous des qualités visuelles bien à eux, équivalentes en beauté visuelles à celles de l’or, ce qui pourrait donc nous amener à penser que les bijoux ont peut-être perdu, peu à peu, la trace de la raison de leur existence : à savoir leur beauté, et se sont détournés de cette fonction pour, à la place, afficher ouvertement et brillamment, c’est le moins qu’on puisse dire (haha), la vanité de l’être humain, ou, du moins, des spécimens de cette race qui voient le besoin d’exprimer leur richesse de par la rareté, et donc la valeur monétaire, des babioles décoratives qu’ils portent malgré le savoir presque universel que la vanité est une bien méchante chose, alors que ce métal aux propriétés nombreuses, autres celles d’être beau et rare, compte parmi ses qualité une excellente conductivité qui, couplée à une ductilité hors du commun (ce qui en fait, je l’avoue à contre-cœur, un matériel plus facile à travailler en orfèvrerie) en fait un matériel de choix pour, par exemple, les circuits imprimés et fils électriques de très haute qualité, choses qui, à mon humble avis, sont beaucoup plus respectables que l’affichage ouvert de richesses éhontées, mais passons, car je suis d’humeur on ne peut plus positive après une douche qui m’aura permit d’allègrement et confortablement reprendre mon souffle mental, étant donné qu’il va sans dire que (et voilà une expression des plus intéressantes : une fois qu’on l’a énoncée, elle créée le paradoxe et nous force à dire que qu’il irait bien évidemment sans dire, malgré que cette réflexion soit facilement réfutable du simple fait que je n’ai rien dit, mais plutôt écrit, et que donc, je n’ai rien dit depuis le début de cette phrase – ce qui, vous serez peut-être d’accords, est horriblement près de la vérité) le dit souffle était moyennement à bout, après l’énonciation de ces premiers mille cent quatre-vingt-quatre premiers mots, toujours en réponse à ce non-défi, aussi inexistant soit-il, que j’ai l’intention de résoudre, d’ailleurs, de façon diplomatique, employant une formation savamment calculée afin d’en arriver non pas à plus, ce qui pourrait avoir la conséquence dramatique d’engendrer une nouvelle phrase encore plus longuement monstrueuse et d’autant plus hilarante, ni à moins, ce qui consisterait à m’avouer vaincu, mais au nombre exact de mots que le dit enfoiré aura utilisé pour la précédente abomination grammaticale, écrite en réponse à ce qui s’avérait être non pas un duel de phrases longues mais bien un compliment au talent d’écriture du dit jeune homme, qui lui semble avoir jugé en toute connaissance des possibles conséquences de son geste, à savoir non seulement gaspiller une bonne heure de son temps, mais une aussi du mien, temps, il va toujours sans dire, autrement plus précieux non pas par sa rareté, mais de par le sommeil pour lequel il pourrait être utilisé : vous aurez compris que mon sommeil est beaucoup plus rare que mon temps, et c’est précisément ce qui fait la valeur de ce temps précis, et non de mon temps en général, lui pas plus valable que celui d’un autre, du sien en l’occurrence, parce que, voyez-vous, il en faut en tabarnouche, du temps, pour en arriver à une phrase de deux mille cent soixante-seize mots, mais je m’éloigne, encore une fois, du sujet principal qui est ce match nul si habilement manigancé afin de n’obliger, par honneur ou frustration, personne à répéter cette expérience aliénante qu’est l’écriture d’une montagne de mots, gardée d’avoir l’aspect d’un éboulis de gravats lexicaux par la force de minuscules, mais Ô combien nombreuses virgules, piliers indispensables de cet abri où se cachent tant d’idées, côtoyées seulement par la créativité qui permet de les réunir entre une seule majuscule et un seul point, excluant évidemment les « e » accent aigus d’ « Église », cette institution qui m’oblige même à mettre des bémols dans mon discours, digne du plus grand politicien, probablement pas Charest, qui lui est reconnu pour sa faculté à faire passer un message à l’intérieur de cinq secondes, comme nous le disaient si bien les commentateurs du débat des chefs – émission qui, franchement, je trouve, est totalement anti-démocratique en ce qu’elle ne donne pas droit de parole, ni une couverture médiatique égale, aux plus petits partis du Québec qui auraient pourtant probablement tout à gagner à confronter si publiquement et directement leurs idées avec celles des partis politiques déjà établis – mais peut-être Gillles, ou Bernard, ah et puis zut, non, ils étaient tous au fond des politiciens et, dirait-on, le fait d’être politicien empêche probablement d’être une Grand quelque chose avec un grand G tout majuscule qu’il soit; d’ailleurs, je trouve étrangement que « majuscule », avec son « uscule » sonne aussi petit que le mot « minuscule » et, à une heure si tardive, à savoir quatre heures du matin, là où on commence à se demander s’il est en fait tôt, c’est assez pour me perturber passablement quand à la connotation que peuvent prendre certains mots malgré les définitions totalement différentes et ce, juste à cause de sonorités minables, mais franchement pas aussi minables que ces gens qui font tout pour un peu d’attention, qui se rendent désagréables pour qu’on se rende compte qu’ils existent, alors que justement, s’il leur faut être nocifs pour l’humeur pour qu’on se rende compte de leur existence, c’est peut-être qu’ils ne valent pas vraiment la peine qu’on se rende compte de leur existence, mais maintenant je déblatère, probablement parce que j’ai un tantinet moins d’idées que Lwi, et très probablement parce que je suis autrement plus fatigué, que mes paupières pèsent des tonnes et que j’ai envie de me coucher sans plus attendre, sans plus tergiverser à la manière d’un petit garçon défié par le gars qui vit l’autre côté de la ruelle et qui se demande s’il serait plus grave d’aller faire la course de boîtes à savon malgré le couvre-feu passé ou bien de ne pas avoir le courage de, sans hésitation, sans délai, aller de l’avant, tête première dans une aventure complètement insensée et donc d’être une mauviette aux yeux de tous, le fait est donc que j’enligne des bouts de phrases, tel un gamin surdoué, pour le simple plaisir de voir (et je ne la verrai pas, évidemment, mais j’en aurai peut-être écho) la surprise de cet autre batailleur de l’autre côté du quartier quand il verra son exploit répété au petit matin, avec à la main un bagel au fromage à la crème qu’il serait bien en droit de laisser tomber par stupeur, malgré les miettes de clavier que cela pourrait occasionner, et un verre de jus d’orange, amer à cause de la brosse à dents, qu’il devrait, par contre, éviter de laisser tomber dans son clavier, sinon il risquerait bien de péter à la fois son clavier et son verre, tout en tachant ses pantalons blancs, ce qui serait à la fois bien triste et bien cocasse, malgré qu’il soit aussi possible qu’il se lève plus tard, et juge plus appropriée la combinaison d’un sandwich au jambon forêt noire et fromage suisse, avec laitue et tomates, et d’un bon vieux verre de coca-cola classique, mais ça franchement, seulement le temps nous le dira, d’ailleurs, dépendamment du sens de rotation de la terre par rapport à son orbite autour du soleil, cet enfoiré de temps doit être en train d’accélérer ou de ralentir, étant donné notre vitesse oscillante.

4 commentaires:

YbaS a dit...

oh ! mais quelle joute intéressante ! El et Lwi, le combat des titans ;)
Putain vous êtes doués pareil, il faut tout de même le souligner !!!

Érosion a dit...

Pfff tu gagne haut la main. L'autre avec son discours ennuyant, haha.

Toi tu fais dans le surréalisme, et l'absurde. J'aime.

Lwi a dit...

Hm! voilà pour le moins qui est surprenant..
À vrai dire j'ai commencé avec trois ou quatre idées maitresses et mon défi constituait à arriver à les rattacher toutes ensembles, ce que j'ai visiblement pas eu trop de misère à réaliser.. ;)

C'est fort d'être arrivé au même nombre de mots, honnêtement j'les avais pas comptés... *comprendre vérifier les stats ;) *

El Ben a dit...

Moueheh, j'ai plutôt fait dans l'écriture automatique, pour ma part!

Myriam: je t'adore <3