Ceci est un jeu de mots.

lundi, mai 26, 2008

Pistes

Un commentaire sur le billet "Bouchard-Taylor" m'a lancé sur plusieurs pistes de réflexions. Assez pour que j'aie peur d'en oublier, alors je prends des notes:

- Qu'est-ce qui définit la valeur morale d'une personne?

- L'argumentation, est-ce possible vraiment, dans le vrai monde?

- Qu'est-ce qui fait du Québec ce qu'il est? Éducation? Valeurs? Habitants? Culture? Histoire?

- En rapport avec la dernière question, qu'est-ce qui fait qu'une personne d'ailleurs veuille tout abandonner pour venir s'installer ici?

Et je développe sur ce dernier point en premier parce qu'il intéresse selon moi le débat du mois, à savoir le rapport Bouchard-Taylor.

Une personne vient habiter au Québec. De deux choses l'une: soit elle déménage, tout simplement, comme moi j'ai déménagé de Hull à Montréal, soit elle "abandonne tout" pour venir s'installer ici.

C'est la deuxième qui m'intéresse, parce que c'est la formulation qui est utilisée, généralement, en faveur des gens qui immigrent ici, de façon à leur apporter du soutien, de la compréhension.

Moi ça m'amène à me demander ce qu'ils abandonnent, et ce qui justifie ce sacrifice. Est-ce que les conditions de vies sont médiocres, là d'où ils viennent? Subissent-ils une forme de répression? Peu importe la raison exacte, tout ce que je veux souligner c'est qu'en emménageant ici, si je me fie à cette façon d'en parler, c'est parce qu'ils y ont été forcés par une condition négative là d'où ils viennent et que cette condition n'existe pas ici.


Voilà qui m'amène au point précédent: qu'est-ce qui fait qu'ici comme ça, et que là-bas est différent? Culture? Éducation? Gouvernement? Religion? Valeurs? Habitants? Économie? J'aurais à conclure que c'est un amalgamme de ces choses. Sinon, la terre est la terre et le ciel est bleu partout où on y promène le regard; les habitants et les caractéristiques font d'un pays un endroit différent, si ce n'est de la température, en étant ce qu'ils sont.

C'est vrai ici aussi, au Québec, au Canada. Nous avons des origines, une culture, une éducation et des valeurs qui font de nous ce que nous sommes. Là je fais une parenthèse à propos du terme "Québécois de souche":


C'est le terme qu'on utilise généralement pour désigner le groupe de personne qui est ce qu'il est à cause d'une histoire, de valeurs, d'éducation, etc. communes. Tout comme un Chinois est un Chinois et un Français est un Français. Tout comme, d'ailleurs, je suis un Dufresne et certains de mes cousins sont des Guindons. Ce n'est pas un privilège que d'avoir un nom pour désigner un groupe de personnes. Pour identifier un concept, on se doit d'avoir un mot pour le désigner. Je n'ai pas de répugnance à dire qu'un immigrant devient Québécois en immigrant, mais qu'on ne me dise pas que je n'ai pas le droit de l'exclure du groupe désigné comme "Québécois de souche" et donnez-moi un terme plus court si vous en avez un, mais d'ailleurs, s'il me faut utiliser le suffixe "de souche", c'est justement à cause de l'ouverture d'esprit qui m'amène à désigner de nouveaux arrivants comme étant Québécois. Je ne connais pas beaucoup d'endroits où je ne serait pas désigné comme un Québécois, ou un Canadien, ou même un Américain, s'il advenait que je déménage dans un autre pays. J'ai d'ailleurs comme dans l'idée que certains prendraient insulte que je me désigne comme un Africain, si je déménageais en Afrique; un Arabe si je trouvais domicile en Arabie-saoudite; un Japonais au Japon.


Fin de parenthèse. Je disais donc qu'ici c'est ici à cause de ce qui se transmet de génération en génération, et que si une personne fuit une condition propre à son pays, elle devrait porter un intérêt particulier à ce qui fait de notre pays ce qu'il est, non?

Évidemment ce n'est pas dire d'abandonner leur langue, leur religion, leurs traditions et tout et tout, mais plutôt d'apprendre et d'accepter les nôtres. Est-ce abusif? Parce que, permettez-moi de me questionner, pourquoi vouloir être appelé un Québécois si tout ce qu'un fait comme un Québécois, c'est avoir les pieds sur le même bout de terre?

C'est, je crois, la fondation de la peur qui habite les instigateurs du grand débat qui habite le Québec. Que d'être un Québécois ne veuille simplement dire qu'on a les pieds au Québéc, sur un bout de terre qui ne soit définit que par son nom et ses limites, sans que cela ait à voir avec les valeurs, les traditions, la culture par lesquels ils définissent un endroit qu'ils aiment profondément, malgré toute cette saloperie blanche qu'il leur faut pelleter.


Me faut-il développer? Ai-je été bien clair sur ce qui fait ma pensée? Ça m'amène au deuxième point dans ma liste: l'argumentation. Existe-t-elle vraiment? Ceux qui ne sont pas d'accords avec moi auront-ils lu jusqu'au bout ce qui fait de ma pensée ce qu'elle est? Jusqu'à maintenant, tous les gens qui se sont manifestés sur mon blogue comme n'étant pas d'accord avec les opinions que j'y exprime l'ont fait de manière haineuse ou méprisante, sans vraiment ouvrir un dialogue, choisissant plutôt de me condamner sur les bases de ce qu'il avaient compris suite à leur lecture.

Ça me tracasse. J'adore penser, j'adore débattre, j'adore défendre une position sur un sujet; surtout lorsque l'autre a des bons arguments, est intelligent, capable de trouver les failles de mon argumentation, d'y répondre et d'accepter la réplique puis d'y répondre. J'aime même argumenter pour une position qui n'est pas la mienne, simplement parce que l'exercice me plaît. J'ai d'ailleurs, par hasard, lu une citation d'Aristote aujourd'hui qui parlait de ça: "It is the mark of an educated mind to be able to enertain a thought without accepting it". J'apprécie beaucoup ce genre de pensée.

J'aimerais que les lecteurs qui ne sont pas d'accord avec moi soient capables de supporter mon opinion au moins assez la lire, puis pour m'expliquer la leur de façon cohérente, intelligente. Déjà la ce serait bien, mais si possible, j'aimerais être capable de leur expliquer ce qui fait que je préfère ma façon de penser et qu'ils répondent en fonction de ma réponse, sans être frustrés et et sans m'accuser alors d'être le meilleur dans sa définition méprisable, simplement en m'expliquant pourquoi, selon eux, ma réponse ne tient pas ou quelle nuances, raisonnements, ou quoi que ce soit font qu'en fait j'aurais tort.

Bon, en voilà assez pour l'instant, je me tais.

3 commentaires:

Lwi a dit...

Hem, me semble pas être d'accord, ni méprisant.. quoique j'me suis pas prononcé fow fow, j'posé une ptite question... M'enfin..

Mon feeling de la situation qui nous préoccupe en général au sujet de Taylor-Bouchard, d'ailleurs moi j'préfère non pas Burger King, mais bien Talor-Bouchard à l'inverse... Me semble, j'apprécie que ça soit en ordre analphabétique.. ;) m'enfin j'm'égarre...

Mon feeling est le suivant : tout cela découle d'un problème très profond et j'ai nommé le fameux problème identitaire. Notre (aux québecois, *d'ailleurs moi pour relancer, si un japonnais est d'emblée de souche japonaise, il en va de même pour un québécois... j'vois pas pourquoi j'devrais parler d'une souche quelconque, puisque, le mec qui a émigré de chez lui, il est de souche de chez lui, c't'à lui de spécifier son origine... me semble.. m'enfin, suis-je intolérant pour ça?*) [donc je disais notre] identité n'étant tellement pas bien définie, qu'on hésite à la caractériser comme il faut, parce que les politiques relatives à l'immigration ont tôt fait de nous lancer dans le modèle canadien multi-culturel...

Et comme on tente aujourd'hui d'affirmer notre identité, comme on serait fins prêts enfin à le faire, on ne peut plus parce que le Québec qu'on voudrait définir à la base ne correspond plus à la réalité cosmopolite d'aujourd'hui, réelle mosaïque culturelle comme le Canada l'a bien voulu pour nous, sorte d'assimilation qui a franchement bien fonctionné, selon moi...

Et c'est pour ça, selon moi, que le gros danger de cette commission et qui m'a resté présent en fond de pensée tout le long que je ne la suivais pas, c'est : est-ce en réalité un débat purement métropolitain? Est-ce que justement le maire à Hérouxville, n'a-t-il pas un peu over-réagi, puisqu'anyway, on s'entend tu que c'est pas à Hérouxville que les immigrants s'installent en masse à n'en pu finir..?

Bon c'est mon point de vue, et j'crois pas être raciste, j'essaie de comprendre c'qui se passe...

Lwi a dit...

Pis pour le sapin de Noël, j'trouverais fallacieux de prétendre que ça choque les autres religions, puisque c'est d'avantage historique que religieux comme symbole..

Oui c'est dans les fait la fête de Jésus, mais qui s'en soucie honnêtement de celà... Le sapin de Noël c'est tellement au delà de ça, c'est notre patrimoine écologique, une place qui neige comme ici, bin le sapin est présent naturellement. Décoré pour Noël, avec des lumières tout plein de couleurs avec des guirlandes les plus quétaines, avec des affaires par dessus ça, pis en veux tu en v'là, c'est notre histoire, c'est notre tradition, c'est ça fêter au Québec entre la mi-décembre et la mi-janvier...

*Donc j'aurais tendance à être d'accord, si j'ai bien compris.. ;) *

El Ben a dit...

Le maire d'Hérouxville, de mon point de vue n'a pas réagi vraiment, j'dirais plutôt qu'il a lancé un message. On s'entendra pour dire que c'était maladroit, mais très juste. De s'que j'en ai compris alors que je portais pas attention, il disait simplement "vous êtes les bienvenus chez nous, du moment que vous vous accomodez de ces principes bien simples".

D'ailleurs le message en soi n'a pas dû être le principal élément qui a fait réagir, mais le fait que le message faisait état de préceptes si simples qu'on aurait dit de la pure condescendance. Là on pourrait argumenter si c'en était vraiment, mais ça servirait pas à grand chose!

Oui, le débat est purement métropolitain, mais j'ai l'impression que certaines motions adoptées à la demande de résidants de la métropole devaient être appliquées au niveau provincial, se pourrait-il?

Par ailleurs, j'avais bien oublié qu'à l'origine, l'expression "de souche" se complétait par la souche en question, et qu'en l'absence de précision, on entend qu'elle est la même que la résidence. Ça précise un peu ma pensée en termes de dire qu'un immigrant disons, haïtien, a toute la liberté d'être québécois, mais il ne sera pas un québécois de souche québécoise mais bien de souche haïtienne. Je vois pas vraiment pourquoi quelqu'un voudrait s'ostiner là-dessus, mais semblerait-il que l'autre quelqu'un l'a pris bien à coeur...