Ceci est un jeu de mots.

mardi, juillet 15, 2008

Dans sa cour...

Vous savez, à côté des condos où j'habite, y'a un gros bloc d'appartements avec tout plein tout plein de vieux qui se la coulent douce sur les balançoites au milieu de l'immense terrain rempli d'herbes et d'arbres.

Alors aujourd'hui, marchant paisiblement vers le marché, je l'aperçois: cette pauvre vieille dame qui vous fend le coeur, vieille et rabougrie. Elle gesticule d'impuissance devant une grosse (vraiment grosse en fait, une partie de l'arbre plutôt) branche, tombée sur le trottoir.

Moi, marchant toujours, j'arrive sur place alors que la vieille, tannée de gesticuler haineusement contre la branche, s'en retourne vers les balançoires. Charitable, comme toujours, je me propose de tasser ce maudit bloqueur de chemin. J'y met un peu d'effort et la branche bascule par-dessus la petite cloture de fer de 2 pieds de haut bordant le trottoir. C'est alors que retentit une voix: "HEY!". Je finis mon mouvement et vois la vieille dame rabougrie qui court vers moi.

Elle ne dit rien. Elle gesticule, avec véhémence. Son visage, déjà rabougri, et tordu de ce qui me semble être du mépris et de la haine. "Bonjour, qu'est-ce qu'il y a? Ça vous dérange cette branche sur le terrain?" Elle gesticule, puis s'empare du tronc pour remettre la branche sur le trottoir. Elle en est incapable, bien sur. Quelqu'un des balançoire est en train d'applaudir... Deux ou trois personnes en fait.

Je ne comprends rien, cette femme m'haĩt de tout son regard pour l'avoir aidé à tasser ça du chemin. "Ça vous porte vraiment préjudice madame? Pas de problème ma chère, je le remet sur le trottoir arrêtez ça."

La scène m'a perturbé. La vieille qui ne parle pas, haineuse. Les gens qui applaudissent. Les vieux qui préfèrent les branches sur le trottoir plutôt que sur la pelouse. Je ne comprend pas.

En revenant du marché, la branche était de retour sur la pelouse. Je souris de mépris à tous ces gens sur leurs balançoires. Une personne applaudis. Une autre m'envoie la main.

Y a des jours où je comprends pas...

Aucun commentaire: