Ceci est un jeu de mots.

jeudi, février 19, 2009

Le chat

Outre manger mes écouteurs et ceux qui les ont remplacés, mon chat a quelque chose de bien particulier: c'est une sale pissette. Elle a peur de tout, nerveuse comme vingt. Sur le balcon, le bruit d'une auto ou d'une personne qui marche peut l'affoler.

Pourtant, hier, l'histoire d'une dizaine de minutes, virgule, elle a tout oublié: son adversaire était la neige et rien d'autre n'avait sa place dans son attention.

C'est fou comment il est possible de vivre des choses spéciales à travers un animal! Leur rythme et leur façon d'être peuvent être tellement différentes des autres mais, si on les laisse obnubiler notre conscience, il nous est possible de vivre un petit morceau de leur vie...



J'étais sur le balcon, à couvert, et il neigeait doucement. La neige commençait à en recouvrir le tour dans un dégradé bien fin. Avant le printemps passé, elle ne sortait même pas et elle n'était pas sortie de l'hiver: ce devait être sa première vraie expérience avec la neige.

Georges venait de s'affoler à cause d'une automobile de passage, et faisait tout son possible pour me signifier qu'elle voulait rentrer; elle n'avait pas encore osé s'approcher de l'étrange auréole blanche. Plutôt que d'abdiquer, je la rassurai puis fit la statue jusqu'à ce qu'elle oubliât ma main sur son dos. Elle finit par m'oublier et alla se rouler sur la brique nue. C'est alors qu'elle prit conscience de sa proximité de cette entité inconnue: elle se levât d'un bond et prit un peu de recul.

La neige ne semblait pas animée, mais Georges prit tout de même une bonne minute pour l'observer à distance, puis faire un pas et laisser couler une trentaine de secondes - jusqu'à y être vraiment. Ensuite venait le moment de prendre contact: lever la patte, attendre quelques secondes, l'abaisser. Remonter! Remonter vivement et épier une réaction qui ne vint jamais, puis l'abaisser complètement. Brûlure! Remonter... Ce n'est pas brûlé, ça ne fait pas mal, mais c'était plutôt désagréable... Elle revint vers la porte mais ne s'y arrêta pas, tentée par la curiosité d'y retourner. Même scénario, une, deux fois, plus rapidement, puis encore, mais avec le nez: plus personnel, plus engageant, mais la patte lui avait déjà fourni suffisamment d'information: la mort n'était pas au rendez-vous.

J'étais toujours immobile, de peur de gâcher la concentration et par envie de vivre le moment, mais c'était bientôt fini: elle fit un pas franc, puis un autre, et en eût assez, laissant deux petites traces sur mon balcon.

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